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LES TECHNIQUES, LES ÉTAPES ET LE CIRCUIT DE FABRICATION DU TISSU CULTUREL ET EMBLÉMATIQUE NDOP AU CAMEROUN

Par: Edith Flaure MIPO T.

Peut être une image de texte qui dit ’FENDA 01 02 Culture du coton Récolte du coton 03 Séparation et égrenage du coton 14 FENDA 04 Filature /Filage du coton CASGALRIMO LA SACRALISATION DUNDOP Culture du raphia Tissage du coton 13 Mise sur marché du NDOP 05 15 Ndop Récolte et extraction des du fibres de raphia Restauration 08 Collecte de la sciure de fumée 12 06 Défaufilage Séchage des fibres de raphia Dessin Dessindes des motifs (Idéogrammes) 11 10 07 Séchage du tissu teinté Ennoblissement (Teinture) Faufilage ou 14/07/2021 ETAPES DE FABRICATION DU TISSU TRADITIONNELNDOP EdithFlaureMIPOT Flaure MIPO 09’Les circuits de production du Ndop sont semblables, à une chaîne dont tous les maillons se tiennent, les uns aussi important que les autres, qui répondent en gros aux descriptions de Harter[1]. Tout part de la culture du coton qui se fait dans le grand nord Cameroun. Après la récolte du coton, vient le filage, ensuite le tissage des étroites bandes de tissu sur lesquels les motifs décoratifs sont dessinés par des artisans spécialisés. Cette étape traversée, la bande de tissu qui sera utilisé par l’artiste est mise à sa disposition.  Chaque bande est traitée séparément et ce n’est qu’après le défaufilage que deux, trois, ou quatre bandes sont collées bord à bord pour obtenir un pagne  aux dimensions désirées, ce qui  d’ailleurs était commandé par l’usage que l’on devait en faire. Il faut noter qu’on pouvait juger de l’influence du porteur du Ndop en fonction du nombre de bandes utilisées pour la confection de sa tenue. Ainsi « quelqu’un pouvait dire j’ai une tenue de X mains [2]».

 

La toile est étalée à même le sol ou étendue sur un meuble. La première action de l’artiste est d’y tracer les motifs correspondant à la variante du Ndouop qu’il désire obtenir à la fin du cycle. Le matériel est rudimentaire, se réduisant à quelques petits couteaux de facture locale ; à des baguettes de traçage en liane de raphia utilisées en lieu et place d’une règle plate graduée ; à des objets circulaires pour représenter des motifs ; à un liquide marron obtenu à partir d’une mixture d’eau et de suie, qui sert d’encre. Après cette étape, la toile  passe aux mains de ceux/celles chargé(e)s de la faufilure (des femmes en général). Cette phase consiste à former des points très serrés autour des traits tracés par l’artiste précédent, ce qui empêchera le liquide de traverser la toile, lorsqu’elle sera trempée dans la fosse à teinture. Les outils sont tout aussi rudimentaires. Il s’agit en l’occurrence d’une grosse aiguille de fabrication locale appelée Siap et du fil Dap See obtenu à partir de jeunes feuilles de palmier raphia. A la fin ce cette étape, on passe à la teinture. L’étoffe est teinte à Baham au moyen de pigments naturels prélevés de végétaux.

Cependant, la découverte du Nord Cameroun par les commerçants changea la donne, car les bandes de tissu y étaient abondantes et, surtout, la possibilité de procéder à une teinture indigo plus « belles et mieux faite » était davantage encourageante.

Comme tout ce qui est beau et bienfait à un prix, les rois devaient désormais envoyer leurs sujets (serviteurs) à la conquête des bandes de tissu artisanal et de la teinture pour décorer. « Le trajet se faisait à pied et le chemin passait par Kapna, Bangangté, Tibati, Meinganga, Ngaoundéré, et Garoua.  Il durait de juin à juin, soit exactement un an. Chaque voyageur transportait sa petite charge de Ndouop sur la tête.  Dans cette charge, il se glissait un paquet contenant des noix de cola, qu’il mangeait le long du trajet ou offrait à ceux chez qui il était appelé à gîter, le reste devant être troqué contre de la teinture ou d’autres pièces vierges de tissu blanc.

Les bandes de tissus une fois arrivés au Nord, sont trempées dans la fosse à teinture.  Après le séchage, elles sont ramenées à l’Ouest (précisément à Baham) où ont lieu les dernières  étapes qui sont exécutées avec plus de délicatesse que les précédentes. Les pièces d’étoffe sont avant tout, débarrassées de la faufilure. Cette étape est assez délicate, car les fils doivent être retirés sans que le tissu subisse le moindre dommage.  C’est pourquoi le matériel utilisé est encore l’aiguille ou à défaut, un couteau aussi tranchant qu’un rasoir. La tâche est dans la plupart des cas confiée aux femmes dont la patience, la délicatesse et le sérieux dans ce genre de travail sont reconnus.

C’est après cette étape qu’intervient la couture qui consiste à les fixer bord à bord pour obtenir des pièces de largeurs considérables et variables. Le pagne est enfin prêt pour l’utilisation, le Nepaing[3] n’étant qu’une option, et surtout la marque de l’appartenance de la pièce au souverain ou à un dignitaire de haut rang, ainsi que le veulent les croyances à Baham.

Il faut dire que le processus est moins laborieux de nos jours où il est possible de concevoir et de préfabriquer des étoffes qui peuvent atteindre jusqu’à 120 centimètres de large et des dizaines de mètres de long. Cependant, avant toute utilisation, la pièce nouvellement réalisée devait passer par le sanctuaire familial ou royal, où elle était consacrée à travers l’onction qu’elle était censée recevoir des ancêtres. Quoi qu’il en soit, quand toutes les faufilures sont retirées, la pièce peut désormais sortir de l’atelier de l’artiste pour prendre les fonctions qui sont siennes au sein de la société.

[1] Cité par Jean Paul Notué

[2] Entretien avec un notable à la cour royale Batoufam (Mbo’oh Pouoh », le 15 mai 2020.  La main parce que la largeur de la bande correspondant à l’écartement du pouce et de l’index.

[3] Le Nepaing est l’expression en Ghomala pour signifie le rouge.

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