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LE NDOP HIER ET AUJOURD’HUI 

  • Introduction

Présentez un morceau de tissu communément appelé « Tissu Bamiléké » aux Camerounais et voici ce qui en découlera : le Babungo vous dira « Nkueh », le Bamessing « Ndekon », le Kambè « Njap », le Bamoun « Ntiéyar », le Baham « Ndouop », et ainsi de suite. Or en lisant l’arrêté N° 20/0006/MINAC/CAB du 21 février 2020, portant éléments du patrimoine culturel immatériel du Cameroun, on peut dire sans risque de se tromper que le vocable Ndop qui est le plus rependu est celui retenu officiellement pour parler de ce tissu ancestral. C’est donc quoi le Ndop ? Voilà la question fondamentale à laquelle il faudrait répondre aujourd’hui pour remettre  cet élément fondamental de la Culture des peuples des Grassfields du Cameroun à la place qui est la sienne.

 

  • Le Ndop

Le Ndop est aujourd’hui au centre de beaucoup de débat. On pourrait dire que nous sommes aujourd’hui à l’ère du Ndop, ce tissu  traditionnel sacré des peuples des Grassfields, révélateur des mystères de la création et du fonctionnement du monde, à travers ses mystérieux symboles. Sa Majesté NAYANG TOUKAM Inocent de Batoufam pense que «  Le Ndop est une lettre que nos parents nous ont laissée et dont nous n’avons même pas encore ouvert l’enveloppe.  C’est la somme de toutes les sciences qui nous entourent (architecture, astrologie, médecine, mathématique, cosmogonie, Etc.). »

Présentation des étapes de production du Ndop

  • Le Ndop aujourd’hui

De manière générale, le Ndop est connu comme le tissu emblématique des peuples Bamiléké. Il faut cependant noter que cette dernière définition est très limitée à partir du moment où le terme « Bamiléké » y est ajouté, car elle exclue complètement les frères du Nord-Ouest, du Noun et des autres Régions de la zone Grassfield. Perçu comme patrimoine culturel, le Ndop est un patrimoine des peuples des Grassfields répandus dans au moins quatre des dix Régions de l’Afrique en miniature. Il d’agit spécifiquement de l’Ouest, du Nord-Ouest, d’une partie du Littoral, et de l’Adamaoua. Ceci remet en question certaines précisions figurant dans l’arrêté du 21 février ci-dessus cité.

 

Il faut dire que le dynamisme observé autour du Ndop depuis quelques temps mérite qu’on y prête une attention particulière, ce qui nous permettra de rétablir certaines vérités et remettre au-devant de la scène certains aspects de notre riche patrimoine. Quelle est l’origine du Ndop ? Qui peut porter le Ndop ? Où le produit-on ? Comment le produit-on ? Quelle distinction peut-on faire entre le Ndop culturel et le Ndop Spirituel ? Qu’est-ce qui distingue le Ndop des autres tissus africains ? Le Ndop a-t-il la même valeur aujourd’hui qu’il y’a plus de 50 ans en arrière ? Voilà autant de questions dont les réponses objectives permettront de construire un nouveau et réel paradigme autour de cet élément du Patrimoine, et de redynamiser la scène culturelle camerounaise en général et Grassfield en particulier. Le FENDA (Festival National Ndop, Dérivés et Accessoires) vient comme cet évènement qui concourra à répondre de manière progressive et pragmatique à ces questionnements, en veillant à la protection de ce patrimoine.

  • Le Festival National Ndop, Dérivés et Accessoires (FENDA)

2021 marquera la première édition de la célébration et de la magnification du Ndop au Cameroun. Le FENDA (Festival national Ndop, Dérivés et Accessoires) est né de la volonté de l’association Kotchink – Culture africaine et Paradigme – dont l’objectif est de « puiser les fondamentaux dans le riche patrimoine culturel (matériel et immatériel) de l’Afrique en général, et du Cameroun en particulier, pour réveiller des valeurs en perdition qui risquent tomber dans l’oubli, et à partir de là, laisser à la postérité un héritage culturel renforcé ».  Allant sur cette base, bon nombre d’éléments prouvent  que l’Art et l’Architecture des peuples des Grassfields du Cameroun sont un moyen d’expression de leur identité culturelle.

Le Roi des Bangoulap, Sa Majesté YONKEU Jean s’entretenant avec la Promotrice du FENDA (MIPO T. Edith Flaure) à la cérémonie d’ouverture le 30 janvier 2021 à Bafoussam.

Alors, quoi de plus pragmatique que l’analyse des symboles d’un textile qui de manière très subtile transmet un message de paix, d’amour, de fécondité… lesquels résument les fondamentaux de la vie humaine ? Telle est la source de notre engagement pour le Ndop, textile emblématique dans l’aire culturelle Grassfield du Cameroun. En faire un festival contribuera à le valoriser davantage, non seulement au Cameroun, mais aussi à l’international, sans toutefois dégrader son côté « rituel » et « sacré ». Il est communément dit dans les cérémonies traditionnelles : « montre-moi ton costume et je te dirai à quel clan tu appartiens ».

  • Pourquoi célébrer le Ndop?

Magnifier le Ndop permettra dans ce processus de procéder à une décolonisation mentale des générations présentes et futures, pour la réappropriation de toute la richesse culturelle de notre patrimoine immatériel. La valorisation, la protection, la promotion, et la sauvegarde du patrimoine culturel camerounais sont des actions qui commencent avec la conscientisation des nôtres pour mieux la diffuser au reste du monde.

Tout patrimoine étant appelé à être sauvegardé, quoi de plus évident qu’un festival autour d’un textile qui ne fait pas uniquement la fierté des peuples détenteurs, mais aussi celle de tout un continent ? Pour sauvegarder un patrimoine, il faut le rendre accessible, car dit-on, « un bien matériel lorsqu’il est partagé, se perd. Mais un bien immatériel lorsqu’il est partagé, se multiplie. » C’est donc le lieu de faire comprendre aux « fanatiques culturels » qui pensent que le Ndop doit être tenu secret et conservé, qu’en tant qu’élément culturel immatériel, il est appelé à être promu, tout en gardant son côté patrimonial et surtout spirituel.

Le Festival National Ndop, Dérivés et Accessoires (FENDA) se déroule du 27 au 30 janvier 2021 à Bafoussam, sous le thème : «Ndop et Culture Grassfield ».

Papa KAMWA SIMO de Bahaùm, centenaire et un des Doyens dans la production du Ndop au Cameroun, avec au moins 85 années d’expérience.

Regarder de près des objets et des images, retracer leur histoire, comprendre leur sens : table ronde, projections, défilés de mode, expositions, soirée détente, ateliers, visites guidées, visites des sites touristiques, sensibilisation de la jeunesse, spectacles, la soirée de gala « la nuit du Ndop » … voilà à quel rythme vibrera ce festival, premier de l’histoire du textile au Cameroun.  Ces différents axes permettront aux visiteurs sans distinction de s’intéresser à l’histoire de ce textile tant prisé par les camerounais que par les étrangers de tous bords et constitueront l’écrin de cette manifestation festive.

Nous sollicitons l’accompagnement de Sponsors, mécènes, forces vivent, Dépositaires des traditions chéfales, des personnes physiques et morales pour faire de cet évènement culturel innovateur un véritable succès.

  • Conclusion

Le Ndop est l’un des tissus africains les plus prisés et qui reste aujourd’hui au centre des débats, puisque les échanges autour constitue un nouveau centre d’intérêt pour les chercheurs africains en général et camerounais en particulier.

Edith Flaure MIPO TCHINKOU, Promotrice du FENDA

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