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MISSION DU PRÉSIDENT DU MUSÉE DE QUAI BRANLY – JACQUES CHIRAC AU CAMEROUN : VISITE DU MUSÉE DE LA CHEFFERIE BATOUFAM

Batoufam a vibré ce jour au rythme de la liaison entre tradition et modernité, à travers la visite du Musée de Quai Branly – Jacques Chirac, Emmanuel Kazarherou,  au sein du palais royal. Accompagné de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France au Cameroun, de Monsieur le Consul général de France à Douala, ils sont venus dans le cadre d’une grande exposition prévu au Musée de Quai Branly en France en avril 2022, sous le thème : « sur la route des Chefferie du Cameroun, du visible à l’invisible. »

Le Promoteur de la Route des Chefferies, l’architecte Sylvain Djache Nzefa prenant la parole pour présenter les hôtes ainsi que l’objet de la visite, as fait mention de ce qu’il consiste à « préparer cette exposition qui doit être une vitre du Cameroun en France et même dans le monde des musées. » Il a également tenu à remercier l’Ambassadeur, le Consul et toute la délégation « pour avoir accompagné cette coopération entre la Route des Chefferies et le Musée de Quai Branly – Jacques Chirac». Selon lui, le Président du Quai Branly a accepté faire ce déplacement « pour toucher du doigt les réalités locales, le magnifique patrimoine que le Roi des Batoufam a su conserver et valoriser. » Selon lui, «  Sa Majesté Nayang Toukam Inocent a fait un travail remarquable qui vient d’être reconnu sur le plan international ; car grâce à son musée qui est un « Musée sur site » thématisé « Architecture, Pouvoir et Cohésion social », il vient d’être copté comme membre permanent du Conseil d’administration de l’OITS  »

L’Ambassadeur de France quant à lui a tenu à remercier le Roi de Batoufam pour l’accueil chaleureux, en déclarant : « je me sens chez moi ici et merci à vous tous. Je disais à Sa Majesté, j’avais les étoiles dans les yeux en arrivant, en essayant de tout percevoir, tout regarder. Je suis vraiment très très impressionné par la richesse de votre culture, de votre patrimoine, de la façon donc vous la préservez. Je suis complètement admiratif et je ne trouve pas grand-chose à rajouter là-dessus et je suis très très curieux de mieux comprendre tout ce que vous faites et pourquoi vous le faites, parce que derrière tout ça, il y’a de l’invisible, il y’a du visible et il y’a de l’invisible. »

Dans son allocution à l’endroit de ses hôtes, de ses Homologues Dépositaires de la tradition (les FO’O de Bandrefam, Bangoua, Bangang-Fokam, Bangang-Fodji, Metcha, Fonanguop, et Bantoum), et parlant au nom de sa population venue très nombreuse,  Sa Majesté Nayang Toukam Inocent les a prié de se sentir à la maison, car Batoufam a toujours été de demeure une terre d’accueil. S’adressant explicitement au Président du Musée de Quai Branly, il a exprimé le désir de le voir revenir à Batoufam pour des questions techniques en souhaitant que « ce voyage soit paisible et que les porte restent ouvertes. Les populations que vous voyez est très fière de vous voir et compte vous revoir peut-être individuellement ou collectivement.»

A la question posée au Président du Musée du Quai Branly quant à son appréciation du Musée de Batoufam, la réponse est spontanée : « je suis impressionné par la richesse, la profusion et l’effort fantastique de préserver les traditions et en même temps de les inscrire dans la modernité. En faire aussi des acteurs du développement qui est une planche sur laquelle on s’appuie pour regarder au loin  et c’est cette formidable énergie que l’on ressent quand on vient ici, avec laquelle je repartirai. » S’agissant du cadre de sa mission au Cameroun, il a présenté les objectifs en ces mots : « je suis au Cameroun dans le cadre de l’organisation pour l’exposition en 2022 au Musée du Quai Branly Jacques Chirac autour des routes des Chefferies avec le président  et le haut-commissaire de cette exposition, qui a pour objet d’amener à Paris non pas une culture des facts, non pas une culture du passé, non pas même une photographie jaunie du passé d’une culture, mais une culture vivante. »

C’est avec beaucoup de curiosité, d’admiration, et d’enthousiasme que ces nombreux visiteurs ont découvert le parcours du musée de plein air de la Chefferie supérieure Batoufam, de la cour du peuple à la cours des architectures en passant par la cour des sculpteurs, la cour des réunions, la cour des serviteurs, la cour des forgerons, la cour des tradi-praticiens, la cour d’entre deux règnes, la cour de la cuisine du Roi, Etc.

Il faut noter que contrairement à l’habitude, la visite du circuit touristique a été rythmée au son et aux pas de la danse « heup tchiofo », une danse exécutée par les serviteurs du Roi à la cour d’entre deux règnes. Pour la circonstance, une salle d’exposition toute particulière a été ouverte au public, salle présentant les différentes tenues des sociétés sécrètent ainsi que les sculptures et les images des anciens Rois.

La grande danse patrimoniale Meudjouock (danse guerrière) n’a pas été des restes, car la beauté de l’exécution, l’harmonie des gestes et les cris de triomphe ont amené les visiteurs à se lever pour entrer des las rangs et faire leurs démonstrations. Le « Ndock Ndènji » et le « metio » de nos mamans laborieuses ont donné un ton et une touche inédits à cette cérémonie toute particulière en son genre.

Il faut tout de même dire que cette visite dont l’un des objectifs principaux est la préparation pour l’exposition sur la route des chefferies fait couler beaucoup d’encre et de salive au sein de la population des Grassfield en général, et de la population Batoufam en particulier.  Les uns et les autres aimeraient comprendre le bien-fondé de cette exposition qui demande à faire partir les objets d’art de nos chefferies pour le Musée du Quai Branly alors qu’on y trouve déjà plusieurs dizaines de nos objets.

A l’heure où l’Afrique toute entière réclame le rapatriement de ses objets emportés clandestinement pendant la période coloniale, il est important de se demander à quoi cela servirait d’envoyer de nouveaux objets vers la France. Et si ses objets ne revenaient pas ? Pactiser avec une telle initiative, n’est-pas encourager le pillage des objets d’arts africains, symboles de leurs identités et porteurs de messages sur leurs réalités socioculturelles ?

Quel est l’aspect invisible de cette exposition qui vise à nous prive une fois de plus (ne fusse que pour quelques jours) de nos objet visibles qui font notre fierté et marque notre identité ?

 

Auteur : Edith Flaure MIPO T.

Architecte – Urbaniste

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