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QUI ÉTAIT D’AMADOU HAMPÂTÉ BÂ ?

Né en janvier-février 1900 à Bandiagara (Mali), de Hampâté Bâ, descendant d’une famille peule noble, et de Kadidja Pâté, fille de Pâté Poullo Diallo, un maître d’initiation pastorale peule (silatigui) qui abandonnera tout pour suivre El Hadj Omar et deviendra son compagnon et son ami.
Trois ans après la naissance de l’enfant, son père, Hampâté Bâ, meurt. Kadidja Pâté épouse en secondes noces Tidjani Amadou Ali Thiam, un noble toucouleur chef de la province de Louta, qui adopte officiellement le jeune Amadou. Destitué de son poste après des incidents locaux, condamné à l’emprisonnement et à l’exil, il passera plusieurs années à Bougouni, en pays bambara. C’est là que pour la première fois le jeune Amadou découvrira le monde des traditions bambaras.

  • 1908 Après la libération de son père adoptif, retour à Bandiagara. Ecole coranique avec pour maître Tierno Bokar Salif Tall, qui sera plus tard son maître spirituel.
  • 1912 Est réquisitionné d’office pour l’école française en tant que “fils de chef”, à Bandiagara d’abord, puis à l’école régionale de Djenné.
  • 1915 Après l’obtention du certificat d’études, se sauve pour rejoindre sa mère à Kati.
  • 1917 Retour à l’école, en reprenant ses études à la base (école primaire de Kati, puis école régionale de Bamako). Obtention d’un deuxième certificat d’études, puis école professionnelle de Bamako où il prépare le concours d’entrée pour l’Ecole normale William Ponty à Gorée.
  • fin 1921 Réussit son concours d’entrée. Sa mère s’opposant formellement à son départ pour Gorée, il refuse de se joindre au groupe d’élèves en partance. A titre de punition, le gouverneur l’affecte d’office au poste le plus éloigné, Ouagadougou, en qualité d’“écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable”.
  • 1922 Occupe plusieurs postes en Haute-Volta (actuel Burkina Faso). Franchit les échelons administratifs par concours internes.
  • 1933 Congé de six mois qu’il passe entièrement à Bandiagara, auprès de Tierno Bokar qui lui transmet son enseignement de façon intensive.
  • 1933 En qualité de commis d’administration coloniale, occupe le poste de premier secrétaire de la mairie de Bamako et épisodiquement celui d’interprète du gouverneur (sans appartenir au corps des interprètes).
  • 1942 Après plusieurs années de difficultés du fait de son appartenance à une branche de la confrérie islamique Tidjaniya mal vue des autorités françaises, il est détaché à l’IFAN (Institut français d’Afrique noire) de Dakar où le professeur Théodore Monod, fondateur-directeur de cet institut, a réussi à le faire affecter.
    Amadou Hampâté Bâ, désormais protégé contre toute tracasserie,
    se consacre à plein temps à sa vocation de chercheur. Affecté à la
    section “Ethnologie”, il fait des enquêtes sur le terrain, recueille des
    traditions orales, et surtout poursuit sa longue enquête (de quinze
    ans) qui aboutira à la rédaction de L’Empire peul du Macina, ouvrage historique réalisé à partir des seules données de la tradition orale, cosigné avec Jacques Daget. Dès cette époque, A. Hampâté Bâ commence à publier de nombreux articles dans différentes revues africaines et, bien sûr, dans le bulletin de l’IFAN.
  • En 1944, il présente pour la première fois le texte en prose du conte
    peul initiatique Kaïdara, ce qui lui vaut de recevoir le prix de
    l’Afrique occidentale française pour “travaux d’ordre scientifique et
    documentaire”.
  • 1942 Travaille pour l’IFAN au Sénégal, en Guinée et au Soudan français, en qualité de préparateur principal, puis d’agent technique. Accomplit de grandes tournées d’enquête au Sénégal, en Guinée, au Niger, en Haute-Volta, au Soudan français, en Mauritanie et dans le nord de la Côte d’Ivoire. En fait, il n’a cessé, depuis son enfance, de recueillir les richesses de la tradition orale, d’abord dans le milieu familial, puis dans les milieux peuls où il a vécu, au Mali comme en Haute-Volta. Dans une première phase, il a tout enregistré de mémoire ; dans une deuxième phase, à partir de vingt et un ou vingt-deux ans (départ pour Ouagadougou), il a tout noté systématiquement par écrit (documents manuscrits qui donneront naissance à l’important Fonds d’archives Amadou Hampâté Bâ). A partir de son passage à l’IFAN, il a mené des enquêtes plus systématiques sur des sujets donnés.
  • 1946 Pressenti par l’administration coloniale française pour se présenter aux élections désignant les délégués à l’Assemblée constituante, il refuse par principe religieux, l’ordre auquel il appartient déconseillant AMADOU HAMPÂTÉ BÂ d’exercer des fonctions “de commandement” ou des fonc tions politiques.
  • 1951 Entre-temps il obtient, sur proposition du professeur Monod, une bourse de l’Unesco pour un séjour libre d’un an à Paris. C’est là qu’il noue des relations d’amitié dans les milieux africanistes et orientalistes de cette ville (Marcel Griaule, Germaine Dieterlen… mais aussi Louis Massignon). Par la suite, il reviendra au moins une fois par an en France, et donnera des séries de conférences à la Sorbonne sur la civilisation et la culture peules.
  • 1957 Est nommé administrateur de la SORAFROM (Société de radiodiffusion française outre-mer). Réalise de nombreuses émissions culturelles.
  • 1958 Président du Conseil de rédaction du mensuel Afrique en marche, qui paraît pendant un an. Y publie de nombreux contes et récits historiques. Après l’indépendance du Mali, en 1960, fonde à Bamako l’Institut des sciences humaines, dont il assume la direction jusqu’en 1961.
  • 1960 Fait partie de la délégation du Mali à la Conférence générale de l’Unesco.
  • 1962 Est élu à l’Unesco comme membre du Conseil exécutif pour quatre ans. Ce mandat lui sera exceptionnellement renouvelé en 1966.
  • En 1962 également : exerce, pour quatre ans, les fonctions d’ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Mali en Côte-d’Ivoire (1962-1966). Bien qu’ayant toujours, pour raisons religieuses, refusé toute fonction politique ou honorifique, accepte ce poste momentanément pour rendre service à son pays qui, après sa rupture avec le Sénégal (éclatement de la Fédération du Mali), a besoin de la libre disposition du port d’Abidjan. A. Hampâté Bâ est chargé de cette mission en raison de sa vieille amitié avec le président Houphouët-Boigny. Il se démet de ses fonctions lorsque son pays renoue des relations normales avec le Sénégal et retrouve la disposition du port de Dakar.
  • 1965- Participe activement, au nom de l’Unesco, à la préparation du colloque de Bamako de février/ mars 1996 : élaboration d’un système alphabétique unifié pour la transcription des langues africaines. Présentation d’un mémorandum sur les dispositions à prendre d’urgence par l’Unesco pour l’unification des alphabets des langues nationales en Afrique occidentale. La “réunion d’experts” organisée par l’Unesco à Bamako, du 28 février au 5 mars 1966, fut suivie par une réunion pour l’unification des transcriptions à Yaoundé du 17 au 26 mars 1966, pour l’élaboration d’un plan régional à long terme. Pendant toute cette période, il participe à de nombreux colloques ou séminaires à travers le monde, en grande partie consacrés aux civilisations et cultures africaines. Est membre cofondateur de la Société africaine de culture. Participe au premier Festival des Arts nègres.
  • 1970 Fin de son mandat à l’Unesco. Désormais il se consacre à ses propres travaux, tout en continuant ses tournées à travers le monde.
    Il écrit et publie de nombreux titres parmi lesquels l’Etrange Destin
    de Wangrin pour lequel il reçoit le Grand Prix littéraire de l’Afrique
    noire en 1974 ; Jésus vu par un musulman en 1976, le conte drolatique peul Petit Bodiel et la version en prose de Kaïdara en 1977 ; une version réécrite et complétée de Vie et enseignement de Tierno Bokar en 1980 ; le conte fantastique et initiatique peul Njeddo Dewal mère de la calamité en 1985 ; un recueil de contes et récits du Mali, La Poignée de poussière en 1987.
  • Jusqu’en 1986, il reçoit régulièrement des visiteurs et se consacre à
    l’alphabétisation des jeunes peuls.
    A la fin de sa vie, il n’écrit plus mais supervise le classement et le
    microfichage de ses archives manuscrites qui constituent aujourd’hui le “Fonds Amadou Hampâté Bâ”. Il travaille également à la mise au propre de son autobiographie qui sera publiée, après sa mort survenue le 15 mai 1991, sous le titre Amkoullel l’enfant peul, en 1991, suivi par Oui mon commandant ! en 1994.

Source:

AMADOU HAMPÂTÉ BÂ, MÉMOIRES, Amkoullel l’enfant peul Oui mon commandant ! Sur les traces d’Amkoullel l’enfant peul

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