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   Marthe DAME BOICHE est une princesse Batoufam très peu connu chez les siens, qui a pourtant marqué de manière exceptionnelle l’histoire de la Santé au Cameroun. Marthe BOICHE a ceci de particulier qu’elle n’a pas été seulement la première secrétaire de la Croix-Rouge camerounaise, elle est la Première infirmière diplômée d’Etat au Cameroun. Jusqu’en 1968, elle est la Directrice des soins infirmiers et Conseillère technique des Ministres de la Santés. Elle est détachée par le Cameroun auprès de l’OMS jusqu’en 1984, au Tchad, Togo, Bénin, Mauritanie, Congo…

En 1962, Mme Marthe BOICHE est une personnalité remarquable au sein des Diplomates américains et africains qui accueillent le Président HAMADOU AHIDJO à Washington. Elle y est au nom de la CRC, et aux côtés du Vice-Président exécutif de la Croix-Rouge américaine, M. John WILSON.

Alors, quand HAMADOU AHIDJO, Président de la République fédérale du Cameroun, et sa suite ont débarqué en Amérique, il y avait pour les accueillir, non seulement des diplomates américains et africain, mais encore cette jeune camerounaise, boursière de l’Organisation mondiale de la Santé à l’Université de Montréal, où elle s’efforce de parfaire ses connaissances, déjà considérables, pour mieux remplir la tâche que lui a confié le Président.

Elle est Secrétaire générale de la Croix-Rouge camerounaise, à la fondation de laquelle, dès l’avènement de l’indépendance, elle a largement contribué, et dont la présidente d’honneur est Germaine AHIDJO.

Marthe BOICHE est une femme à un parcours fabuleux. Elle a fait, à Bordeaux et à Paris, de fortes études générales, en même temps qu’elle se préparait à son rôle d’infirmière et d’Assistante sociale. Fonctionnaire du Ministère de la France d’Outre-Mer, elle est affectée, dès 1946, au service de Santé du Cameroun, puis à celui de Brazzaville, où il s’engageait dans une nouvelle période de son histoire, elle décidait d’y rentrer, en 1950, pour devenir Chef du Bureau de liaison avec les Organisations internationales, dans le cadre du nouveau Ministère de la Santé.

Tout ceci, de fil à aiguille, devait l’amener à concentrer ses efforts sur la Croix-Rouge nouvellement créée et qui, en 1962 comporte une quinzaine de comités régionaux, où il lui fallait fréquemment porter la bonne parole en même temps qu’une aide efficace.

Ce ne fut pas toujours facile, raconte Marthe BOICHE. Dès le début, la Croix-Rouge a dû faire face, avec une caisse à peu près vide, à des situations critiques, et il lui a fallu s’endetter rien que pour acheter les provisions nécessaires.

A ce moment-là, par une sorte de coup de génie, M. Léhand BARROWS, Ambassadeur des Etats-Unis, lança un S.O.S. à Louis AMSTRONG, le fameux trompettiste noir, qui se produisait au Nigéria, pour lui demander de sauver la situation. Venu à la rescousse, Armstrong, au cours de trois « galas », dota la Croix-Rouge d’une recette magnifique, dont le montant devait accroître de celle d’une tombola, de sorte que, au bout d’un an, la Croix-Rouge avait en caisse 3 à 4 millions, tous frais payés –ceci n’a fait qu’aviver l’ardeur des infirmières– une dizaine, toutes bénévoles, qui travaillaient d’arrache-pied et qui, jusqu’à cette rencontre aux USA, avaient adopté cinq villages de lépreux.

Marthe BOICHE a profité de son séjour à Washington pour entrer en contact avec la Croix-Rouge américaine et exposer à ses dirigeants les besoins de ce nouveau membre – 87eme– de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge. Au journaliste de dire à son endroit : « Tous nos vœux l’accompagnent dans l’accomplissement de la superbe tâche à laquelle elle s’est donnée. » C’est ainsi qu’elle va poursuivre sa brillante carrière et ses activités jusqu’en 2010, année à laquelle elle est arrachée à la vie.

Rédaction : Edith Faure MIPO T. (Architecte-Urbaniste)
Date: 10/04/2018
Source : Salomé MANDEL, « La Vérité sur le Cameroun »,1962

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